samedi 2 février 2013

IL FRACASSE LE CRANE DE SON CHEVAL

 
Le monde ne tourne pas rond ! Et les hommes non plus... Cette vérité nous glace d’effroi en réalisant combien certains d’entre nous, et peut-être, même parmi nos relations, peuvent se trouver des monstres. Monstre... Quel qualificatif pourrait-on donner à ce minable, ce Rodolphe G. résidant près de La Rochelle en apprenant ce qu’il a été capable de faire à son cheval ?
Ce crétin de première classe, se dit « cavalier », « cavalier émérite ». Il arbore fièrement auprès de ses admirateurs ses nombreux trophées. Pour lui, le cheval n’est pas un ami, un compagnon, comme le considèrent la plupart des hommes du monde équin. Il est un moyen, un simple objet pour faire le malin, sur les terrain de concours, le dimanche, affublé de sa belle tenue, de son casque, de sa cravache et ses bottes noires impécablement cirées. Ses amis l’encouragent dans les épreuves sportives où il se produit. C’est vrai qu’il possède un certain talent, une belle allure, monté sur Raven un alezan de sept ans, certes un peu caractériel mais si doux, si gentil avec les hommes...
Ce dimanche matin, à la propriété « de la Gentilommière », entraînement obligatoire. Le concours de dimanche prochain sera d’importance. Chez lui, Rodophe G. a organisé son propre parcours d’obstacles. Mais Raven, ce jour là, n’a pas envie de travailler. Sans doute en a t-il assez de sauter, de se faire trimballer de concours en compétitions, quand il préférerait assurer une belle balade ou un peu de farniente au box. Sans doute, ne pressent-il pas, ce brave équidé, que son sort, comme celui de beaucoup de ses congénéres, n’est pas celui de la liberté totale : Promenade avec son maître sur le dos, dans les bois, au pas, un trot, un peu au galop, puis retour à l’écurie, bouchonnage, croquer du foin bien tendre ou des carottes. La vie serait trop belle !
Non ! « La plus noble conquête de l’homme » n’a droit qu’a cette reconnaissance verbale. Cela ne lui épargne ni l’abattoir, ni le sacrifice du travail. Prouver que l’on est le meilleur de sa catégorie... Sauter, courir, toujours plus vite, toujours plus haut, se montrer toujours plus performant, comme une machine dirigée par la main humaine. Et puis obéir... obéir, obéir ! C’est, du reste, un certain Ange L. entraîneur, qui lui a enseigné ce principe excessif à Rodolphe G. : « Surtout ne te laisse jamais dominer. C’est toi qui commande, pas le cheval ! »
Alors, Rodolphe G. a bien retenu le conseil et l’applique obstinément. Un peu trop à mon goût car ses débordements sont sans retenue. A la limite du supportable ! Comme Raven, ce dimanche matin, se montre peu participatif et même carrément récalcitrant, Rodolphe G. figure remarquée des concours équestres, montre une première fois la cravache.
Raven qui n’est pas de nature à se laisser impressionner par l’instrument, persiste dans sa volonté de ne pas « avancer ». Quelques coups de cravaches pleuvent alors sur le corps, de l’animal sans que cela n’émeuve l’entourage du cavalier. Mais, Raven, décidément, ce jour là, n’est pas décidé d’y « mettre du sien ». Pour l’enjeu du prochain concours et pour entretenir sa notoriété, le beau Rodolphe G. ne peut se permettre de perdre la face. Alors, la face il va la faire perdre à Raven. En tentant de le défigurer ! Dans un intense mouvement d’énervement, le voilà qui s’acharne sur l’animal sans défense à coups de pieds. Puis, emporté dans sa folie destructrice, le beau Rodolphe G. amène Raven loin des regards. Seul avec lui, il va lui donner une bonne leçon pour lui faire comprendre « qui est le maître ». Faisant sienne cette stupidité, il se saisit d’une barre de fer et l’assène à plusieurs reprises sur la tête de l’animal. Le cheval se tord de douleurs hennit, bouscule son bourreau qui à pris soin de l’attacher...
Les hennissements de douleur de ce pauvre animal alertent, Jacques, le palefrenier qui accourt aussitôt et s’interpose. Rodophe G., déterminé, lui demande alors de s’écarter, car, semble t-il, n’a pas finit de « dérouiller » sa monture. Mais, Jacques est un costaud et sa détermination de mettre fin à cette injustice ne regarde plus, le statut de celui auquel il s’oppose, son patron. N’écoutant que son indignation, il lui porte un violent coup de poing en pleine figure et le beau Rodolple G. se retrouve étalé au milieu des bottes de foin. Un violent dialogue s’échange entre les deux hommes, les insultes pleuvent, et l’acharnement de Jacques est sévère. Maîtrisé, l’immonde Rodophe G. est transporté à l’hôpital. Diagnostic : un nez cassé, des traumatismes aux jambes, et les yeux au beurre noir. Qui le plaindrait ?
Jacques, quant à lui, menacé d’un renvoi imminent, a décidé d’alerter le vétérinaire et de dévoiler le comportement de ce pauvre C... qui se dit « cavalier ». Raven est soigné. Fort heureusement, Jacques arrivé à temps sur le lieu du drame, le cheval n’aura pas de séquelles particulières. Il s’en tirera avec quelques plaies et un pansement sur le crâne durant quelques jours où le vétérinaire le visite et lui administre encore des calmants.
L’employé courageux a bien fait comprendre à son crétin d’employeur que la menace d’un licenciement, l’exposerait à révéler devant un Tribunal la teneur des faits car il déposerait une plainte à son encontre. Ses propos ont, parait-il, dissuadé Rodolphe G. de renvoyer Jacques et ce dernier a mis, en plus, une ultime condition à la poursuite de la collaboration. « Plus jamais ça ou la prochaine fois, son patron finira sur un lit d’hôpital, avec en plus, une plainte sévère. Le voilà prévenu !

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